Axe 3 : La représentation des causes comme activité de création dans les arts instrumentaux du temps

  • Responsable : Claude Cadoz (ICA)
  • Participants Arts Visuels : Gilles Bollaert (EESI), Daniel Barthélemy (EESI), Matthieu Evrard (ICA), Annie Luciani (ICA) 
  • Participants Arts Musicaux : Olivier Tache (ICA)

L’écriture algorithmique permet de penser et d’écrire l’instrument ou ce qui lui en tient lieu, plutôt que de penser et d’écrire les phénomènes perceptibles (sons, hauteurs, positions, trajectoires, géométries, couleurs, etc.). Cette approche ne se substitue à l’approche « phénoménologique », mais la complète.

Dans tous les domaines des arts instrumentaux du temps, les possibilités offertes par le calcul déplacent globalement les activités de conception d’une représentation des effets vers une représentation de causes potentielles. De même que précédemment dans les arts instrumentaux du temps, deux démarches se confrontent : celles se situant en continuité de l’écriture des phénomènes et celles proposant d’aller résolument vers une écriture des causes productrices.

Il s’agit dans l’Axe 3 du projet CREA d’aborder pour la première fois l’étude de cette confrontation, qui se met en place de façon très progressive à mesure de la mise à disposition d’outils d’écriture algorithmique – en particulier les environnements reposant sur la programmation visuelle – accessibles à un plus large public de créateurs que les langages de programmation génériques. L’objectif est de proposer à la fois des études théoriques et des méthodes de repérages qui seront expérimentées au cours de différents ateliers de pédagogie et de création.

Une des retombées importantes du travail réalisé dans cet axe de recherche, au-delà des apports strictement théoriques, est de donner aux utilisateurs actuels et futurs les clés  nécessaires au « décryptage » du paysage complexe de la création avec les outils numériques. Il s’agit également d’offrir des points de repère et des méthodes, dans la variété apparente des technologies numériques, pour les personnes en charge d’activités pédagogiques dans le domaine de la création.

On s’interrogera en particulier sur la possible mise en place d’une navigation vertueuse entre les pôles phénoménologique et générateur. Il s’agit de montrer en quoi ces deux pôles ne sont pas dans l’opposition dans laquelle on pourrait les situer en première approximation, et en particulier de quelle manière l’un est toujours présent en l’autre dans des activités de création.

Les ateliers

Les aspects théoriques visés par l’Axe 3 du projet ne peuvent être explorés de façon complète sans une démarche expérimentale associée : il s’agit d’observer, à travers divers moyens, des sujets utilisant pour la première fois (ou, tout du moins, pour la première fois de façon prolongée) des outils appartenant au pôle générateur pour étudier les conditions dans lesquelles se déroule l’intégration de cette nouvelle approche pour des personnes largement habituées à des outils basés sur le pôle phénoménologique.

Ces observations seront réalisées à partir d’enregistrements d’ateliers de découverte et de création, réalisés en amont du Projet, ainsi que de nouveaux ateliers mis en place spécifiquement.

Afin d’explorer les rapports entre les pôles phénoménologique et générateur, on procèdera par mise en relation, au cours de ces ateliers, de deux types de logiciels : des logiciels tels que Pure Data, qui œuvrent au niveau phénoménologique, et des logiciels de type MIMESIS et GENESIS (développés par le groupe ACROE - Laboratoire ICA) qui œuvrent au niveau de la cause génératrice du phénomène sensible.

Liste des ateliers réalisés :

  • Atelier création musicale, Laboratoire ICA, 9 - 11 juillet 2009.
  • Atelier création visuelle, EESI, 20 - 23 octobre 2009.